Vendredi 15 avril 2011
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18:23
En ces temps de fuites et nuages radioactifs, je me demande s'il faut prendre des précautions
particulières... jean
Suite à l'accident nucléaire survenu à Fukushima (Japon) et à l'arrivée de gaz et particules radioactives
en Europe et en France, faut-il changer ses habitudes alimentaires ?
Il n'est pas évident de répondre à cette question.
N'étant pas des experts en matière de risques liés au nucléaire, nous nous sommes
tournés vers l'Institut de
Radiprotection et Sûreté Nucléaire (IRSN) et la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la
Radioactivité (CRIIRAD). Les sites internet de ces deux structures donnent nombreuses informations sur la situation au Japon et en
France, avec des mises à jour régulières.
Les deux sites rapportent ces mêmes informations :
- traces du panaché radioactif issu de l'accident nucléaire à Fukushima sont bien présentes dans l'ensemble
de l'hémisphère nord ;
- des traces de gaz, aérosols et particules radioactifs ont été identifiées dans l'air et dans la pluie en
France, en doses relativement faibles.
Les deux sites sont aussi d'accord pour dire que, suite à l'accident du 11 mars au Japon, en
Europe et en dans les territoires français :
- les risques d'irradiations et ceux liés à l'inhalation d'air contaminée sont faibles voir négligeables
;
- les contre-mesure telle le confinement et la prise d'iode stable ne sont pas
justifiées.
En revanche, les opinions divergent quant au
comportement à adopter vis-à-vis de la consommation d'eau de pluie et de certaines classes d'aliments.
Pour la consommation d'eau de pluie :
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L'IRSN affirme que, en vue de niveaux de concentration d'iode 131 et autres éléments radioactifs dans
l'eau de pluie, « l’eau, y compris celle des citernes collectant la pluie, peut être utilisée sans restriction ».
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Alors que pour le CRIIRAD même si « ces très faibles activités n’induisent aucun risque pour les
personnes qui se sont trouvées sous la pluie sans protection. [...] L’utilisation de l’eau de pluie comme source principale d’alimentation est déconseillée, en particulier si les consommateurs
sont de jeunes enfants. »
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Et tandis que pour l'IRNS « les niveaux de concentration attendus et observés dans l’eau de pluie sont
sans risques pour les différents usages de l’eau recueillie en citerne (arrosage, alimentation…) ».
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Sur le site du CRIIRAD on peut lire : « De nombreuses personnes nous ont demandé si elles pouvaient
continuer à consommer l’eau de leur citerne (eau collectée sur le toit de leur habitation). Compte tenu des niveaux de contamination mesurés jusqu’à présent, la consommation ponctuelle de
quelques verres d’eau ne pose pas problème. En revanche, si l’eau recueillie doit servir de source principale d’alimentation sur 15 jours ou 3 semaines, la dose reçue pourrait atteindre, voire
dépasser le seuil à partir duquel le risque n’est plus considéré comme négligeable, en particulier si les consommateurs sont de jeunes enfants. Il s’agit de niveaux de risque très faibles mais
qu’il vaut mieux éviter. Rappelons par ailleurs que le ministère de la santé ne considère pas l’eau de pluie comme une eau potable et met en garde contre les risques associés à sa
consommation.
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Si vous ne pouvez pas éviter d’utiliser l’eau récoltée sur votre toit pour l’arrosage de votre jardin
potager, veillez à arroser la terre et non pas les feuilles des légumes : l’absorption est importante et rapide au niveau des surfaces foliaires ; plus lente et beaucoup moins efficace à partir
du système racinaire des plantes. »
De même, l'avis des deux organismes diffère sur l'aptitude à avoir face à certains
aliments.
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Pour l'IRNS « les denrées alimentaires les plus sensibles aux retombées radioactives atmosphériques
(légumes à feuilles et lait) ne seront pas significativement affectées par les dépôts et pourront être consommées sans limitation. »
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Alors que le CRIIRAD, tout en considérant que « le risque lié à l’ingestion d’eau ou d’aliments
contaminés par les retombées radioactives devrait rester limité » réponds ainsi à la question « Dois-je faire attention à mon alimentation ? » :
« La
réponse à cette question est un choix individuel. Les risques sont certes très faibles mais si l’on tient compte de la durée possible de la contamination, de l’existence d’habitudes
alimentaires particulières et de la vulnérabilité de certains groupes de populations (enfants, femmes enceintes ou allaitant), on n’est plus dans le domaine du risque négligeable et il semble
utile d’éviter des comportements à risque. »
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Puis encore « Il y a, a priori, deux catégories d’aliments à considérer : ceux qui sont contaminés par
dépôt direct et ceux qui sont contaminés par transfert ». Dans le premier groupe on trouve « les végétaux à larges feuilles type salades, blettes, épinards, choux, oseille… (sauf s’ils sont
cultivés sous serre évidemment) », tandis que le deuxième inclut « le lait et les fromages frais (en particulier de chèvre et de brebis), la viande sauf pour les troupeaux encore en
stabulation. [...] Il semble utile d’éviter des comportements à risque : éviter que les aliments sensibles constituent, sur les prochaines semaines la base de l’alimentation de la famille.
[...] 0n peut ainsi préférer le lait "longue conservation" au lait frais, ne pas faire d’excès avec les fromages frais de brebis, les blettes, les salades ou les épinards. »
Pas facile donc de répondre à la question des précautions alimentaires suite à l'accident nucléaire survenu
au Japon.
Plus facile, en revanche, pointer l'écart notable entre les positions de ces deux institutions !
Pour en savoir plus :
Nous vous conseillons la lecture des documents que nous avons cités dans cet article, c'est-à-dire,
le document Contamination de la France par les rejets de la centrale de Fukushima Daiichi : quels sont les risques ? - Version du 9 avril 2011 disponible sur le site de CRIIRAD et le document Impact à
très grande distance des rejets radioactifs provoqués par l’accident de Fukushima - Mise à jour du 8 avril 2011, consulté sur le site
de l'IRSN).
Vous trouverez sur ces sites nombreuses autres informations, de l'activité de l'iode 31 aux doses inhalées
selon l'age (site CRIIRAD), de l'évolution de la radioactivité dans l'air à la modélisation de
la dispersion de la pollution radioactive dans l'atmosphère (site IRSN).
Par ailleurs, la situation n'étant pas stabilisée,
il est possible que des indications différentes soient données dans les jours ou mois à venir.
Cet article a été écrit en date 15/04/11, tenez-vous donc au courant des dernières mises à jour sur les
sites indiqués,...
... Et n'hésitez pas à croiser les infos !
Liens :
Dossier
Japon CRIIRAD.